Confiné 3 mois avec 12 nomades à Tenerife : ce que j’ai appris

La vie d'un digital nomade.

Confiné 3 mois avec 12 nomades à Tenerife : ce que j’ai appris

digital nomade tenerife

Une maison, 13 nomades, un chien. C’est dans ce contexte que j’ai passé le confinement de mars à mai 2020 en Espagne, sur l’île de Tenerife ; dans le coliving Nine.

Et malgré l’enfermement, il s’en est passé des choses.

Je vais vous raconter comment j’ai lancé des businesses qui n’ont jamais marché, fini avec les cheveux rouges et un tatouage de licorne sur la cuisse (oui oui).

Contexte

En tant que digital nomad, je passe, en gros, la moitié de mes séjours à l’étranger en colivings.

En plus de m’aider à éviter la solitude (bien que parfois j’en ai besoin, de cette solitude), ça permet de nouer des relations durables, personnelles comme professionnelles.

C’est ainsi que je suis arrivé au coliving Nine, à Tenerife (Canaries, Espagne) en mars 2020.

J’étais sur l’île depuis début janvier déjà, bien avant qu’on entende parler d’une certaine épidémie. Pour résumer, Tenerife c’est : du beau temps toute l’année, des plages, du surf. Ah, et du beau temps toute l’année aussi.

Bref. Mars, 2020, j’arrive au coliving. Il y a déjà 13 autres digital nomades dans la maison : 4 Américains, 2 Allemands, 1 Français, 1 Anglaise, 1 Hongrois, 1 Polonaise, 1 Néerlandaise, 1 Bulgare, 1 Néozélandaise.

13 personnes, 9 nationalités. 14 avec moi. Quelques jours plus tard, une Allemande partira.

Autant vous dire que pour un introverti comme moi, ça faisait déjà du monde.

Alors imaginez-vous ce que j’ai ressenti quand, à peine quelques heures plus tard, le gouvernement Espagnol annonçait le confinement…

Et quel confinement ! L’un des plus stricts du monde. Alors qu’en France on pouvait sortir une heure par jour (à condition de s’autoriser soi-même à sortir via un bout de papier), en Espagne, c’était interdit.

En gros, on ne pouvait sortir que pour aller faire les courses ou pour raison médicale.

Et ça, pendant près de trois mois.

Image for post

Mais bon, pour être honnête, on n’était pas les plus à plaindre. Grande maison, grande terrasse sur le toit, jardin, cour… Un ami à moi a aussi été confiné en Espagne, mais dans un studio. Il a littéralement pété un plomb ( j’ai pas mal craqué aussi comme vous le verrez). Donc, nous, ça va.

Et puis bon, les Canaries c’est un peu le paradis Européen pour digital nomades.

La vie à 13

Digital nomades reproduisants la cène
Nous, reproduisant la Cène (avec Lara, le chien de la maison)

Ça s’est beaucoup mieux passé que ce que j’aurais pensé.

D’une part, la maison était assez grande pour que je puisse m’isoler quand j’en avais envie (et croyez-moi, en tant qu’introverti, j’en avais besoin).

D’autre part, l’ambiance était bonne. Alors oui, on était pas forcément tous sur la même longueur d’onde tout le temps, c’est sûr, mais on était tous suffisamment grands pour mettre de l’eau dans notre vin (et du vin, on en a bu, ça oui).

On passait une bonne partie des soirées à regarder des films ou des séries (j’ai vu la moitié des saisons de Friends là-bas, #TeamJoey). D’autres où c’était un peu plus festif. On a organisé des soirées déguisées, des soirées Cluedo grandeur nature, etc.

En bref, c’était mieux que d’être seul, ça oui.

Ce que j’ai fait durant ces trois mois

Alors trois mois enfermé, c’est long. Surtout quand, quelques jours après le début du confinement, ton unique client te dit qu’il ne peut pas renouveler ton contrat car il est frappé de plein fouet par les conséquences dudit confinement.

Mais ça a été l’occasion d’essayer plusieurs choses :

Des tentatives (échouées) de business

Une chaîne Youtube

J’avais déjà créé une chaine Youtube quelques semaines auparavant, et publié quelques vidéos. Les retours avaient été plutôt bons, alors je m’y suis mis plus régulièrement pendant le confinement. Je sortais environ deux vidéos par semaine. Encore une fois, les retours étaient bons, mais mon compteur d’abonnés stagnait à 50, et bon, c’est pas top.

Aujourd’hui j’ai décidé de laisser tomber, je pense que la vidéo c’est pas fait pour moi.

Des formations payantes

Pas de mission, du temps libre, pourquoi ne pas m’essayer à la vente de formation en ligne ? À vrai dire, j’avais déjà fait du taf dans ce sens, mais rien de concret.

Là, j’ai vraiment lancé quelque chose, mais je m’y suis pris comme un manche et avec une toute petite audience, donc un gros flop.

Du coaching au télétravail

J’ai aussi lancé un business de formation/coaching au télétravail. Étant en full remote depuis un moment déjà, et voyant que beaucoup d’entreprises étaient à la ramasse à ce niveau, je me suis dit qu’il y avait un créneau à prendre.

Mais ça aussi, ça a été un échec (enfin, disons plutôt que ça n’a pas marché…).

Du sport

Dès le début j’avais décidé, cinq fois par semaine, de faire une séance de sport de 25–30 minutes le matin. Pour me motiver, j’avais pris l’initiative d’envoyer un message sur le Slack de la maison, demandant à d’autres de se joindre à moi. Je serais responsable de la séance. Bonne idée pour me forcer à faire mes pompes.

Donc, semaines après semaines, j’ai fait mes séances de sport matinales, aidé par mes élastiques Décathlon (qui voyagent avec moi) et les kettle bell du coliving.

Et j’ai pris un peu des bras, parait-il 💪

Des craquages

Oui, bon, le confinement a tapé sur les nerfs d’un peu tout le monde, dans tous les pays. Pas mal de gens que je connais ont eu des petits craquages. Alors moi aussi j’ai craqué.

Des cheveux rouges

“Hey, ça vous dit on se fait une couleur temporaire ?” C’est peu ou prou le message qu’a lancé une des filles de la maison sur le groupe de discussion. Toutes les filles ont dit oui. Je suis le seul garçon a avoir dit oui (les autres étant atteints de calvoches, pas facile de se teindre 🤷‍♂️)

Au moment du choix de couleur, j’ai eu la géniale (non) idée de choisir du rouge. Ce que je ne savais pas, c’est que le rouge, ça part pas, même quand c’est marqué temporaire. Et AUCUNE des filles de la maison n’a eu l’idée de me prévenir. Merci, les filles.

Résultat, me voilà après la teinture :

Cheveux rouges à Tenerife

Bon, grâce au soleil et à l’eau de mer dont j’ai pu profité après le confinement et la coupe presque totale des cheveux que j’ai eue en novembre, tout est évidemment parti 🙏

Un tatouage de licorne sur la cuisse

Image for post

Ce tatouage mériterait un article à lui tout seul (et d’ailleurs, il l’aura). Pour faire court, il a plusieurs significations, et représente pour moi assez bien mes quelques mois de nomadisme à Tenerife.

J’ai aussi eu une aventure avec la tatoueuse, mais ça, c’est une autre histoire (que je raconterai aussi, elle étant également nomade).

Une petite dépression ?

Je m’en suis pas rendu compte pendant le confinement, en fait, mais c’est quand on a pu ressortir en liberté que j’ai vu mon humeur changer très rapidement.

Je me suis rendu compte que, pendant plusieurs semaines, j’avais perdu mon humour (je fais beaucoup de blagues dans la vraie vie) et ma libido.

Tout est revenu, rassurez-vous 😉

Ce que j’en retire

Il y aurait énormément de choses à raconter sur ces trois mois là-bas, vous vous en doutez bien.

Mais plutôt que de rallonger l’article, je vais dire ce que j’en retire :

  • Ma capacité à vivre en proximité avec autant de gens sans en tuer un ou deux m’a surprise
  • Une période de confinement, c’est le bon moment pour essayer de nouveaux businesses, voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas (et aussi : c’est ok d’échouer)
  • Il faut faire attention à sa santé mentale, qui peut être affectée sans même qu’on s’en rende compte (cf mes craquages et ma petite déprime)

Et vous, votre confinement c’était aussi à l’étranger ? N’hésitez pas à raconter en commentaire !

 

2 réponses

  1. […] Et elles sont solides, je m’en suis servi pratiquement tous les jours lors de mon confinement à Tenerife. […]

  2. […] d’un coliving (une coloc de nomads, en gros, ce que je recommande), comme celui de Tenerife, ils peuvent être bookés des mois à […]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.